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L’Hôtel de Soubise (1704-1709)

Rue des Francs-Bourgeois

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Au début de l’année 1704, François de Rohan, prince de Soubise, et sa seconde épouse Anne de Rohan-Chabot, firent l’acquisition de l’Hôtel de Guise, qu’ils souhaitaient réaménager à leur convenance. Le prince de Soubise confia le chantier à Pierre-Alexis Delamair (1676-1745), qui débuta les travaux, l’année suivante, par l’érection d’un portail monumental, sur la route de Paradis (actuelle rue des Francs-Bourgeois). Ce portail donne toujours accès à une vaste Cour d’honneur, entourée d’un portique en péristyle, supportant une terrasse à balustrade.

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Jacques Rigaud

Vue de l’Hôtel de Soubise, à Paris, prise du côté de l’entrée, vers 1750, Château de Versailles

L’architecte imagina une grande porte cintrée, flanquée de colonnes jumelées à fût lisse et chapiteau corinthien, appuyées sur des socles. Il fit exécuter un abondant décor sculpté : le socle d’attique, au-dessus de l’entablement, reçut deux groupes, réalisés par Pierre Bourdy et Guillaume Coustou, d’après les dessins de Delamair : l’un représentait Hercule (La Force) terrassant Cacus, en pendant à l’autre, qui désignait Minerve (La Sagesse), autour du blason des Rohan. Il fit également tailler des trophées d’armes, placés au droit des chaînes rythmant les murs de la façade. Cet ensemble décoratif disparut en 1793. En revanche, la tête de L’Abondance représente toujours la clé de l’archivolte du portail.

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La Cour d’honneur de l’Hôtel de Soubise

Depuis la rue de Paradis, les carrosses évoluaient aisément dans la Cour d’honneur, qui débutait par une large demi-lune. Le portique en péristyle formait une ceinture, rythmée de cinquante-six colonnes couplées, à chapiteau composite.

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La façade sur la Cour d’honneur

Tout en conservant les anciens bâtiments, Delamair construisit une nouvelle façade au fond de la Cour d’honneur, tournée vers le sud, et perpendiculaire à la rue du Chaume (intégrée plus tard à la rue des Archives), où donnait autrefois le portail de l’ancienne demeure des Guise. La nouvelle façade dessinée par Delamair offrit une élévation régulière sur deux niveaux : rez-de-chaussée et étage noble. Elle s’articule autour d’un avant-corps central, sommé d’un fronton triangulaire, décoré de deux ordres superposés, séparés par un fort entablement : composite au rez-de-chaussée et corinthien à l’étage. 

Des baies en plein cintre percent l’avant-corps central sur les deux niveaux. En revanche, des arcades en anse de panier éclairent le rez-de-chaussée des arrière-corps et de hautes fenêtres rectangulaires rythment l’étage. Des colonnes jumelées de la même ordonnance composite décorent le rez-de-chaussée des arrière-corps et de l’avant-corps central, assurant ainsi une stricte continuité avec le portique en péristyle de la Cour d’honneur.

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Les ornements sculptés de la façade principale

Henri de Lambillot participa à la réalisation des chapiteaux ornant les colonnes et les pilastres de la façade et du portique. Lambillot exécuta en outre les six têtes en clef des portes et arcades de l’avant-corps central, ainsi que les six mascarons des arrière-corps.

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Les figures de La Gloire et de La Magnificence, à demi-couchées, et les deux groupes d’enfants symbolisant Les Génies des Arts.

Delamair désigna Robert Le Lorrain, sculpteur du roi, pour l’exécution des décors de sculpture destinés à orner la façade, mais aussi pour la réalisation d’une Renommée et d’une Vigilance, qui devaient décorer le portique. Sur les rampants du fronton triangulaire, aujourd’hui dépouillé de ses armoiries, se tiennent les figures de La Gloire et de La Magnificence. Aux angles du toit, quatre groupes d’enfants symbolisant Les Génies des Arts complètent le dispositif décoratif. Toutes ces sculptures du Lorrain ont été remplacées par des copies.

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Robert Le Lorrain

Le Printemps sous la figure de Flore (désormais remplacé par une copie), vers 1708-1709, pierre, Paris, façade sur Cour d’honneur de l’Hôtel de Soubise

Le Lorrain exécuta, d’après Delamair, les groupes sculptés placés sur les colonnes couplées, de part et d’autre de l’avant-corps central, sur le thème des Quatre Saisons. Il représenta Flore, accompagnée d’un petit Zéphyr, pour évoquer le Printemps.

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Robert Le Lorrain

L’Eté sous la figure de Cérès (désormais remplacé par une copie), vers 1708-1709, pierre, Paris, façade sur Cour d’honneur de l’Hôtel de Soubise

Le groupe évoquant l’Été associe les figures de Cérès et d’un petit Amour.

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Robert Le Lorrain

L’Automne sous la figure de Bacchus (désormais remplacé par une copie), vers 1708-1709, pierre, Paris, façade sur Cour d’honneur de l’Hôtel de Soubise

L’Automne est personnifié par la figure de Bacchus, portant la coupe et tenant une grappe de raisins, près d’un petit satyre qui tente en vain d’attirer son attention.

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Robert Le Lorrain

L’Hiver sous la figure d’un vieil homme se réchauffant près d’un brasero (désormais remplacé par une copie), vers 1708-1709, pierre, Paris, façade sur Cour d’honneur de l’Hôtel de Soubise

Selon l’iconographie traditionnelle, L’Hiver est un vieillard barbu, vêtu d’une ample draperie, avec un enfant qui présente ses mains à la flamme d’un brasero.

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Après la mort de François de Rohan, en 1712, son fils aîné Hercule Mériadec, prit possession de l’Hôtel de Soubise. Il était alors l’époux d’Anne-Geneviève de Lévis, fille de la duchesse de Ventadour, gouvernante du petit Louis XV. Cinq ans après la mort d’Anne-Geneviève, en 1727, Hercule Mériadec, alors sexagénaire, se remaria avec Marie-Sophie de Courcillon, âgée d’à peine vingt ans. L’heureux événement  entraîna une transformation complète des appartements du palais et la mise en œuvre d’un nouveau décor, que le prince de Soubise demanda, en 1735, à son architecte Germain Boffrand.

Boffrand créa deux appartements, au rez-de-chaussée et à l’étage, qui se présentent comme une enfilade de pièces d’apparat, perpendiculaire au corps de façade principale, avec des fenêtres tournées vers les parterres de broderie du grand jardin. L’architecte établit, au terme de l’enfilade, un nouveau pavillon, renfermant deux salons de forme ovale desservant les appartements privés du couple princier, formant un retour d’équerre sur le petit jardin.

Les grands appartements du prince et de la princesse de Soubise forment deux exemples remarquables du goût rocaille, dont Boffrand fut l’un des maîtres incontestés. Une décoration abondante, faite d’arabesques, de rosaces plafonnantes, de fleurs tressées en guirlandes, de coquilles, de trophées, de rinceaux, envahit les boiseries de ces pièces d’apparat, avec une maîtrise étourdissante. La bordure dorée des peintures et des grands miroirs tranche presque partout avec les boiseries claires des pièces principales. Ce luxueux raffinement atteint son degré le plus élevé dans la chambre d’apparat et le salon ovale de la princesse.            

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L’avant-corps central

Le péristyle de la façade principale donne accès au vestibule d’entrée, qui desservait, au rez-de-chaussée, l’antichambre de l’appartement d’apparat du prince. A droite, un grand escalier, détruit en 1844, menait à l’appartement de la princesse. Il avait été décoré par Gaëtano et Antonio Brunetti de peintures en trompe-l’œil, plus exactement d’un décor de quadrattura.

Reconstruit sous Louis-Philippe, l’actuel escalier d’honneur est ornée d’une peinture plafonnante, réalisée par Félix Jobbé-Duval en 1877-1881, qui représente La France attachant ses archives à la nuit des temps.

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La chambre de parade du prince de Soubise

Le décor de l’antichambre de l’appartement d’apparat du prince n’est pas conservé : c’est une grande pièce qui servit de salle de lecture aux Archives nationales jusqu’à l’ouverture du Centre d’accueil et de recherche des Archives nationales (CARAN), en 1988. Elle accueille désormais des expositions temporaires. La salle du dais et la salle d’audience ont également disparu. Elles précédaient la chambre de parade, dont le décor a subsisté.

Située au milieu de l’enfilade, la chambre de parade est une vaste pièce, éclairée par de grandes baies, qui donnaient autrefois sur le grand jardin. Sur le côté opposé, elle comprend une alcôve délimitée par deux colonnes à chapiteau corinthien, destinée à recevoir le lit en impériale du prince de Soubise. Cette pièce était richement meublée et décorée de quatre tableaux en dessus-de-porte illustrant les amours des dieux.

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Pierre-Charles Trémolières

L’Hymen d’Hercule et Hébé, Paris, Hôtel de Soubise, chambre de parade du prince

Ces tableaux occupent toujours leur emplacement d’origine. Des peintres d’histoire talentueux, alors en vogue, ont été chargés de composer ces sujets galants : Carle Vanloo (Mars et Vénus), François Boucher (Aurore et Céphale), Jean Restout (Neptune et Amphitrite) et Pierre-Charles Trémolières (L’Hymen d’Hercule et Hébé).

D’étroits panneaux de boiserie, ornés de médaillons sculptés à sujet allégorique (La Gloire, Le Discernement, La Richesse et La Vérité), flanquent les deux grands miroirs appliqués contre les parois latérales. Des reliefs en plâtre garnissent également la corniche, à la fois dans les angles et les milieux de chaque côté. Les médaillons situés aux angles représentent divers motifs guerriers, alors que les médaillons centraux portent les sujets et devises héraldiques de la famille Rohan-Soubise.

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Du côté de l’alcôve, le médaillon porte l’hermine passant, avec la devise MALO MORI QUAM FOEDARI (« Mieux vaut mourir qu’être déshonoré »).

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Le salon ovale de l’appartement d’apparat du prince

 Le décor du salon ovale, situé à la suite de l’enfilade, contraste par une plus grande sobriété. Les murs sont simplement peints « en blanc mêlé de gris-de-lin adouci et verni » (Boffrand, De architectura liber, Paris, 1745, p. 98). Cette harmonie plutôt neutre est seulement perturbée par les dorures des grands miroirs, auxquelles s’ajoutaient autrefois celles des meubles précieux. De hauts reliefs blancs, insérés dans des cadres très découpés, décorent enfin les voussures du plafond.

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L’un des bras de lumière du salon ovale de l’appartement d’apparat du prince

Des bras de lumière « à trois branches chacun de cuivre doré d’or moulu », remplacés par des copies réalisées d’après le seul exemplaire original retrouvé, étaient en outre appliqués sur la partie inférieure des panneaux de boiserie.

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Lambert-Sigisbert Adam

L’Histoire, Paris, Hôtel de Soubise, salon ovale de l’appartement d’apparat du prince

Les huit reliefs en plâtre des voussures du salon ovale, moulés et repris au ciseau, présentent des figures allégoriques, très largement consacrées aux arts et aux sciences. Deux sculpteurs composèrent chacun quatre reliefs : Jean-Baptiste II Lemoyne réalisa La Fable et la Vérité, L’ArithmétiqueL’Epopée et la Tragédie et L’Astronomie ; Lambert-Sigisbert Adam, dit « Adam l’Aîné », composa La Justice, La Poésie et la Peinture, L’Histoire et La Musique

Pour L’Histoire, Adam mit en scène la muse Clio, s’apprêtant à compléter le grand livre de l’Histoire, soutenu par Chronos (le Temps), alors qu’une figure de la Renommée souffle dans sa trompette.

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Lambert-Sigisbert Adam

La Poésie et la Peinture, Paris, Hôtel de Soubise, salon ovale de l’appartement d’apparat du prince

Pour La Poésie et la Peinture, Adam l’Aîné mit en scène deux figures féminines : l’une travaille, pinceau et palette en main, devant son chevalet ; l’autre semble chanter, une main sur la poitrine et l’autre maniant un instrument de musique.

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Le cabinet des livres

Une porte du salon ovale, couronnée d’un trophée d’armes en relief, donnait accès à la première pièce de l’appartement privé, autrefois salle à manger, dont le décor a disparu, tout comme celui de l’antichambre, qui venait ensuite.

La salle à manger communiquait directement avec un petit cabinet de travail très bien conservé. Dénommé « cabinet des livres », cette pièce à caractère intime est dotée d’une cheminée et meublée de boiseries de bibliothèque peintes en jaune, avec un rechampis de vert d’eau. Deux peintures décoratives peintes en camaïeu bleu, par Boucher, illustrant La Pêche et La Chasse, décorent le sommet des murs d’angle.


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L’Amérique

L’appartement d’apparat de la princesse, aménagé dans la même aile, mais à l’étage, débutait par une grande salle (« grande antichambre »), suivie d’une salle d’assemblée, dite « salle du dais ». Cette pièce d’apparat, richement meublée, emprunta son nom au dais « fait à la romaine de damas cramoisi bordé, frangé et galonné d’or », frappé des armes du maître et de la maîtresse des lieux, avec une « corniche de bois sculpté doré ».

Le décor sculpté de la pièce se concentrait sur la corniche, dont les angles avaient reçu un médaillon figurant les quatre parties du monde, avec des enfants ailés, plus grands et sculptés en fort relief. Le sculpteur anonyme tira ses représentations de l’iconographie classique de Cesare Ripa et représenta, pour l’Amérique, un indigène tenant un arc, accompagné d’un alligator du Mississippi. Détruite en 1899, mais fort heureusement moulée, la corniche de la salle d’assemblée fut reconstituée en 1958.

Deux peintures en dessus-de-porte complétaient la décoration de cette pièce : Jupiter et Junon, par Carle Vanloo et La Dispute de Minerve et Neptune, par Jean Restout.

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La chambre de parade de la princesse

« La chambre à balustrade (…) servant de parade » est somptueusement décorée. La corniche et les lambris reçurent plusieurs reliefs en stuc, rompant, sur la corniche, une frise de rinceaux à motifs végétal et animalier. Le plafond est orné d’une splendide rosace. Le rouge cramoisi fut choisi pour les tissus ; le blanc et l’or, pour les boiseries. Le lit de parade à impériale trônait dans l’alcôve, réservée au rituel princier et délimitée par une balustrade dorée.

Les médaillons ovales des lambris de hauteur et des parcloses encadrant les trumeaux de glace, exécutés par le fameux Jacques Verbeckt et son équipe d’ornemanistes, illustrent, d’une part, les amours de Jupiter et présentent, d’autre part, les attributs des Sciences, des Lettres et des Arts. Ce second thème renvoyait bien sûr à la formation intellectuelle de la princesse de Soubise et à son désir de paraître en femme d’esprit.

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L’un des médaillons ovales de la chambre de parade

Parmi les sujets illustrant les aventures amoureuses de Jupiter, Verbeckt réalisa L’Enlèvement d’Europe : la légende, tirée des Métamorphoses d’Ovide, rappelle que Jupiter séduisit la princesse Europe, fille d’Agénor, roi de Tyr (Phénicie), sous la forme d’un taureau blanc. Attirée par l’odeur d’un crocus qui se trouvait dans la gueule du taureau, la princesse chevaucha l’animal ; celui-ci partit sur les flots, jusqu’à l’île de Crête, où il reprit forme humaine pour parvenir à ses fins.

   

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Minerve et Mercure

Nicolas-Sébastien Adam modela en stuc les groupes de Bacchus et Ariane, Diane et Endymion, Minerve et Mercure et Vénus et Adonis, disposés sur des cartouches dorés à la feuille, avec les attributs du pouvoir et des vertus princières.

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La chambre de parade de la princesse, vue tournée vers le salon ovale

La peinture se concentra sur les dessus-de-porte : François Boucher composa Les Grâces présidant à l’éducation de l’Amour et Pierre-Charles Trémolières, Minerve enseignant à une jeune fille l’art de la tapisserie. Ces deux thèmes évoquaient probablement la voie à suivre pour devenir une bonne épouse et une bonne maîtresse de maison.

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Le salon ovale de la princesse

Dernière pièce de l’appartement d’apparat de la princesse, le salon ovale renferme l’ensemble de peintures le plus important de la campagne de travaux menée par Boffrand. Ces peintures s’intègrent harmonieusement au cadre trapézoïdal réservé au sommet de chaque panneau de boiserie et forment un ensemble cohérent avec la sculpture ornementale et les stucs, auxquels s’ajoutaient autrefois des canapés, des fauteuils et des chaises, tous sculptés, dorés et couverts de velours de Gênes cramoisi, deux consoles à plateau de marbre, des bras de lumière.

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Enfant ailé au tambourin

Chaque peinture est soutenue par deux enfants ailés, munis de divers accessoires.

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Le plafond du salon ovale de la princesse

Un lustre à cristal de roche éclaire le plafond en « calotte », dont les ornements sont « percés à jour sur un fond de bleu clair ». Ce grand lustre met en lumière les peintures et fait étinceler les dorures, qui se dédoublent dans les miroirs. 

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Amours

Des Amours turbulents, « peints en blanc », avec divers accessoires en main (arc, carquois, oiseaux, corbeille de fleurs, thyrse), animent la corniche du plafond.

Boffrand confia à Charles-Joseph Natoire (1700-1777) le cycle de peintures sur le thème de l’histoire de Psyché. En accord avec le commanditaire, le peintre choisit de représenter huit scènes de L’Âne d’or d’Apulée et du « récit poétique » qu’en avait tiré en 1669 La Fontaine sous le titre Les Amours de Psyché et de Cupidon.

La légende rapporte l’histoire d’une princesse (Psyché) à la beauté parfaite, admirée comme une déesse et, pour cela, jalousée par Vénus. Offensée, celle-ci donna l’ordre à Cupidon de la rendre amoureuse d’un mortel détestable, ne prévoyant pas que le jeune dieu en tomberait amoureux. Désespéré de voir que sa fille ne trouvait pas d’époux, le père de Psyché consulta l’oracle d’Apollon, qui lui ordonna de l’abandonner sur un rocher pour l’offrir à un monstre hideux.

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Psyché recueillie par Zéphyr

Pour permettre à Psyché d’échapper à ce triste sort, Cupidon convoqua Zéphyr, le doux Vent de l’ouest, et lui demanda d’emporter la princesse au creux d’un vallon, près de son palais, où les nymphes la conduisirent. Au cours de la nuit, le dieu rendit visite à Psyché en lui faisant promettre de ne jamais chercher à connaître son identité, cachée par l’obscurité. Rien ne laissait alors supposer que la réponse de l’oracle n’avait pas été respectée ; les sœurs de Psyché tentèrent d’ailleurs de la persuader que son époux mystérieux était un monstre et qu’il finirait par la dévorer.

   

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Charles-Joseph Natoire (1700-1777)

Psyché découvre l’Amour endormi, 1738, huile sur toile, Paris, salon ovale de la princesse à l’Hôtel de Soubise

Appréciant les étreintes nocturnes de son époux, mais effrayée par la prophétie de ses sœurs, la princesse se munit d’une lampe à huile pour percer le mystère, découvrit avec surprise et ravissement, la figure de Cupidon, mais fit tomber une goutte d’huile sur le jeune dieu. Celui-ci s’éveilla sous la douleur et, voyant sa confiance trahie, prit la fuite. Désespérée, Psyché tenta en vain de mettre fin à ses jours, fut recueillie par des bergers et jugée par la déesse Vénus, qui lui imposa plusieurs épreuves, toutes surmontées, avant de l’autoriser à rejoindre l’Olympe et à épouser Cupidon.

Comme au rez-de-chaussée, le salon ovale dessert une pièce située en retour d’équerre, qui inaugurait l’appartement privé. La chambre de la princesse, tendue et drapée de rouge cramoisi, garni et bordé d’or, avec des peintures en dessus-de-porte consacrées à Vénus, déesse de l’Amour, en constituait la première pièce. Un cabinet de toilette, une petite chambre et une antichambre composaient les autres pièces de l’appartement privé.  

À la Révolution, l’Hôtel de Soubise devint propriété de l’État et, par le décret impérial du 6 mars 1808, fut officiellement affecté aux Archives de l’Empire. Dans le but de rendre accessibles les archives au plus grand nombre, le marquis Léon de Laborde fit inaugurer le premier musée des Archives en 1867. Ce musée, installé dans l’Hôtel de Soubise, présente des documents remarquables tirés des Archives nationales et organise régulièrement des expositions temporaires.

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